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Aujourd'hui, Messieurs les juges de La Haye, au moment où vous débattrez
de cette barrière de sécurité, je serai en train d'enterrer mon mari. Je
ne suis pas une politicienne. Je me tourne vers vous en tant que simple
être humain. Cette barrière aurait pu sauver mon mari. Yéhouda était mon
amour de jeunesse. Nous étions mariés depuis 21 ans et la sœur de Yehouda
est l'épouse du conseiller économique de l'ambassade d'Israël dans votre
ville de La Haye. Cela fait des mois, qu'elle essaie avec les diplomates
de l'ambassade de faire ouvrir les yeux au monde. Des mois entiers qu'elle
défend les droits de l'État d'Israël. Mais moi, je ne réclamais qu'un seul
droit, modeste : celui de continuer à choyer mon mari, celui de pouvoir
ensemble voir grandir nos enfants et nos petits-enfants. Aujourd'hui, même
ce droit-là m'a été enlevé. Pour moi, c'est trop tard. Mais vous,
messieurs les juges, pouvez encore permettre à d'autres familles de jouir
de ce droit élémentaire : celui de vivre heureux, de se lever le matin
sans douleur. Alors, aujourd'hui, lorsque vous vous pencherez sur ces
grands dossiers, pensez, ne serait-ce qu'un seul instant, aux gens
simples. Pensez au grand cœur de mon mari Yehouda, pensez à notre fils
Avner. Peut-être serez-vous capable de lui expliquer pourquoi, à 10 ans,
il est déjà orphelin ? Aujourd'hui, dans votre salle d'audience des gens
vont débattre, ils vont lancer des accusations. Dans ma maison, ce sera le
défilé incessant des amis venant présenter leurs condoléances. Mais moi,
je resterai inconsolable. Car ce soir, lorsque vous, messieurs les juges
rentrerez chez vous, à La Haye, et que vous irez embrasser vos enfants,
moi, je resterai seule. Certes, je suis loin de toute politique, mais
aujourd'hui, touchée par le deuil, je pense avoir acquis, par le sang et
par les larmes, le droit de m'adresser à vous et de vous dire : si une
barrière de sécurité avait été édifiée sur toute la longueur du pays,
peut-être que ce soir j'aurais encore pu embrasser mon mari. Ne jugez pas
mon pays ! Ne l'empêchez pas de tout faire pour se défendre et pour éviter
ainsi d'autres sacrifices. Aujourd'hui, je vais enterrer mon mari ; quant
à vous, là-bas à La Haye, n'enterrez pas la Justice !
Fanny Haïm
Devant le nouvel attentat horrible du 22 février 2004 revendiqué par les
hommes du Fatah et de Yasser Arafat, A la veille de la 1ère session de la
Cour International de La Haye sur la barrière de sécurité,
Pour éviter de voir à nouveau ces images et photos d'attentat ci-dessous,
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